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Célébration du jubilé d'or du Père Beñat FOURGS

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Début septembre, notre ancien curé, le Père Beñat FOURGS a célébré ses 50 ans de sacerdoce. A cette occasion il a rassemblé famille et amis afin de louer le Seigneur pour le chemin parcouru. Découvrez le beau puzzle qui s'est construit au fur et à mesure du déroulement de la messe et la parabole de la liturgie du jour adaptée pour la circonstance.

 

Autel
 Parmi les nombreux prêtres venus l'entourer, le Père Gilbert représentait la paroisse.
pretres 

Tout au long de la célébration il a évoqué les diverses missions de son ministère :

Vicaire instituteur à Biarritz Saint Martin, Aumonier de Largenté et du Guichot, Aumonier national du MEJ, Curé de Saint Pierre d'Irube puis de la nouvelle paroisse Saint Pierre de Nive-Adour et enfin Prêtre coopérateur de Saint Vincent de Paul - Saint Etienne.

Chaque fois la partie de l'assemblée concernée chantait la gloire Dieu en levant les mains pendant qu'un élément du puzzle était mis en place.

 Gloria
Le puzzle créé par une jeune fille, Emma, a été complété à la fin de la messe par les 2 phrases qui sont le fondement de la foi de Beñat : "Dieu est Amour" et "Aimons nous les uns les autres"
 Puzzle
L'abbé Jean Casanave, fidèle à lui même, avec humour et finesse a commenté l'Evangile... en lien avec Beñat
Casenave

J’ai connu Bernard Fourgs avant qu’il ne s’appelle Beñat, et qu’il ne se fasse naturaliser par ses amis basques. Il m’a été donné de fréquenter, in illo tempore, un séminariste modèle, coaché par un curé d’Hendaye tonitruant qui se faisait un devoir et un plaisir de visiter ses disciples préférés entrés au Grand Séminaire et qui le faisait savoir bruyamment. 
Bernard venait des enfants de troupe et avait appris que la discipline qui faisait la force des armées régnait aussi dans l’Eglise et dans le clergé. Il semblait avoir bien intégré ce principe, jusqu’au jour où, avec la complicité de son ancien aumônier militaire, il nous fit faux bond pour se faire ordonner à Lourdes quelques mois avant nous. C’est donc en tant que jeune ancien prêtre, portant l’étole droite, que Bernard vint saluer les bleus que nous étions, à la sortie de la cathédrale, avec le zeste de condescendance qui sied à celui qui a déjà passé l’épreuve avec succès. Une photo d’époque peut témoigner, pour ceux qui en douteraient, de cette incartade originelle !
Cinquante ans après, nous nous sommes retrouvés, rescapés d’une classe ou d’une « promotion » (pour garder la langage militaire) qui s’est quelque peu éparpillée et dont trois d’entre nous fêtent leur jubilé auprès du Père.

Beñat a été longtemps professeur et directeur d’école, aumônier de jeunes ici même à Largenté. Un prêtre reste toute sa vie un professeur ou plutôt un prophète. Cette parabole des talents a fait les délices de tous les enseignants et les éducateurs à commencer par les parents. Dans le genre « admonestation parentale » : « Si tu avais bien exploité les talents que je t’ai donnés, toi, mon fils ou ma fille, tu n’en serais pas là aujourd’hui ! » Dans le genre « appréciation du bulletin de notes » : « Manifeste plus de talents à chahuter en classe qu’à écouter le professeur ! » C’était l’époque où l’on savait encore ce qu’était un talent !! Ceci était une interprétation moralisante communément admise mais qui ne nous donne qu’une partie du message de la parabole. L’essentiel est ailleurs.
Il est dans le comportement des serviteurs. Il y a ceux qui font preuve de créativité et de responsabilité. Ils agissent comme le ferait un fils qui prend la suite de son père et qui cherche non pas à répéter ce que celui-ci a fait mais à se conformer à ce qu’il a été. Il se comporte en adulte car l’héritage le plus précieux qu’il a reçu de son père est celui de sa liberté responsable. Le dernier serviteur reste l’esclave de l’image qu’il a du maître, ne prend aucun risque et répond de façon servile à la demande du maître. Il est paralysé par la peur, il reste dans le répétitif stérile, il n’invente rien. Tu m’as donné ça, je te rends ça. Notre relation ne change pas : « tu es le maître je reste ton esclave ». Les autres se libèrent de cet enfermement, font sauter les verrous de la peur et entrent dans la joie du maître, dans son intimité. Charles Péguy inspiré par l’Evangile fera dire à Dieu: « Je préfère l’agenouillement d’un homme libre, aux prosternations d’esclaves ».
Jésus n’est-il pas en train de nous dire qu’il va partir lui aussi en voyage, celui de sa mort et de sa résurrection. Et ce qu’il attend de nous c’est bien une réaction de disciples libres, responsables, capables de faire fructifier l’héritage et non de le maintenir en l’état.
Prêtres, mais aussi fidèles baptisés, avons-nous favorisé l’éclosion de véritables fils de Dieu et de l’Eglise ou avons-nous simplement maintenu des serviteurs timorés, corsetés dans la crainte de mal faire ?

La réponse à cette question dépend de celle que nous donnerons à cette autre interrogation : Avons-nous attaché nos frères à nous-mêmes ou au Christ ? Dans le premier cas nous risquons d’avoir fait des photocopies conformes, dans l’autre nous aurons laissé émerger de véritables paroles vivantes de Dieu.

Quoiqu’il en soit, espérons que le Maître tiendra compte de nos faiblesses et de notre bonne volonté et qu’Il ne fera pas l’économie de sa joie lorsqu’il fera le grand bilan !
Amen

 Musique
S'appuyant sur l'Evangile du jour, la parabole des talents, revue et corrigée, a été lue devant Beñat qui était invité à compter ses talents.
Ecoute
 Parabole

Seigneur, en cette fin de célébration, pardonne-nous si nous osons réécrire la parabole de Jésus...
Un homme qui partait en voyage appela Beñat et lui confia 5 talents :
5, c'est le nombre de l'harmonie et de l'équilibre, c'est aussi le nombre de la grâce divine !
5 doigts de la main, 5 océans, 5 continents, 5 lignes de la portée en musique, les 5 sens....
Mais aussi les 5 vertus fondamentales : la sagesse, l'amour, la vérité, la bonté et la justice.
L'homme se doutait bien que le serviteur Beñat avait déjà fait fructifier les talents reçus.


Il le rappela plus tard et lui donna 2 talents supplémentaires :
2 symbolise l'amour, la charité puisqu'il y a nécessairement dualité entre celui qui donne et celui qui reçoit.
2 comme l'Ancien et le Nouveau Testament, les 2 tables de la Loi...


L'homme revint encore et lui donna un dernier talent :
1, à l'origine de tout, symbole de l'Unique, de l'Universel
1 qui n'admet ni division, ni discorde.
1, symbole de l'homme debout.
Longtemps après, le maître du serviteur Beñat revint et il lui demanda des comptes :
« Beñat, toi, le prof de maths, combien t'ai-je donné de talents en tout ? »


5 + 2 + 1 = 8 


8, le chiffre de la perfection, et de l'infini !
8 représente la terre, non dans sa surface, mais dans son volume, 8 est le premier nombre cubique
8 symbolise la Résurrection, après l'achèvement qu'est le 7.
8 demandes au Seigneur dans la prière de Saint François d'Assise.

 

Là où il y a de la haine, que je mette l'amour.

 

Là où il y a l'offense, que je mette le pardon.

 

Là où il y a la discorde, que je mette l'union.

 

Là où il y a l'erreur, que je mette la vérité.

 

Là où il y a le doute, que je mette la foi.

 

Là où il y a le désespoir, que je mette l'espérance.

 

Là où il y a les ténèbres, que je mette ta lumière.

 

Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

 

Ce n'est qu'une parabole, Seigneur. Mais, Tu peux être fier de ton bon et fidèle serviteur !

Tu réalises tous les fruits qui sont venus à partir des biens que Tu lui as confiés ? Tu lui as demandé de travailler, avec ce qu'il a dans les mains, dans la tête, dans le cœur. Surtout dans le cœur. Et comme son cœur est plein de confiance, Beñat s'est réjoui de servir, et se réjouira encore. Il a donné et donnera encore tout ce qu'il a, tout ce qu'il est.

A nous tous ici, à l'exemple de Beñat, de travailler, avec ce que nous avons dans les mains, dans la tête, dans le cœur. Surtout dans le cœur.
 Sourire