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Une cinquantaine de prêtres ont accompagné Bernard FOURGS, l'ancien curé de notre paroisse, dans sa dernière demeure. Ce lundi 19 janvier 2025, la foule présente, famille, amis et paroissiens, était en communion de prière intense dans l'église Sainte-Anne d'Hendaye. En l'absence de Monseigneur Marc Aillet, en visite pastorale au Togo, c'est l'abbé François BISH, vicaire général, qui a présidé la célébration. Un membre de sa famille a lu un texte écrit par Beñat le 02/11/2021 qui savait, de part sa maladie, qu'un jour il nous quitterait. Jean CASANAVE, son collègue de promotion sacerdotale, a fait une belle et touchante homélie en partant de son prénom de baptême : Bernard. Des anciens paroissiens ont lu une prière universelle évoquant différentes facettes de sa vie.Un directeur de Largenté nous a offert un témoignage sur la proximité de Beñat avec les jeunes. Vous pouvez retrouvez en son ou texte ces 4 interventions. |
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"Au soir de ma vie, je veux dire bien haut, ma joie d'avoir été appelé par le Seigneur et par l'Eglise, au ministère presbytéral. Je suis très heureux d'être prêtre et je veux redire combien tous mes ministères ont été des moments intenses et inoubliables avec les paroissiens de St Martin de Biarritz et toutes les personnes, enfants, jeunes et adultes rencontrés à l'institution Immaculée Conception ; avec les jeunes, les adultes, les religieuses de Largenté, du Guichot, du MEJ ; avec tous les habitants de St Pierre d'Irube et de la paroisse St Pierre de Nive-Adour ; avec tous ceux que j'ai connu à St Etienne et à la paroisse St Vincent de Paul et maintenant, à Hendaye. Je rends grâce au Seigneur pour tous ceux qui m'ont offert leur collaboration et m'ont beaucoup aidé dans mes différentes missions, je pense avec émotion à cette collaboration laïcs-prêtres, à ce que nous avons, ensemble, pu mettre en place ! L'amitié a ensoleillé ma vie, je veux remercier de tout cœur mes amis, en particulier mes amis anciens élèves de Biarritz et de Largenté. Je demande pardon à ceux que j'ai offensés, blessés ou scandalisés. Je considère que la chose la plus pénible pour un prêtre qui a pour mission de rassembler les hommes et les aider à rencontrer Dieu, c'est de les diviser et de les éloigner de Dieu par son comportement ! Que mes faiblesses ne vous détournent pas de Dieu : Il est bien au dessus de nos mesquineries ! Merci à vous tous qui m'avez beaucoup apporté, j'ai été heureux avec vous. J'adresse un merci particulier à ma famille qui compte beaucoup pour moi. Le grand secret, c'est de se laisser aimer par Dieu et d'essayer de répondre le mieux possible à son Amour. Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit pour les siècles des siècles ! Amen !" (Texte écrit à Hendaye par Beñat le jeudi 2 décembre 2021) |
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Bernard, Permets-moi de ne pas prononcer aujourd’hui ton prénom en basque, comme nous le faisions si familièrement, manifestant ainsi tout ton attachement à ton pays d’adoption. J’userai de celui que tu as reçu lors de ton baptême. Je t’appellerai Bernard parce qu’aujourd’hui, tu accomplis, non plus sacramentellement mais existentiellement, ce premier sacrement qui a ouvert toutes les portes de ta vie chrétienne. Saint Paul nous l’a rappelé : « Nous qui avons été baptisés en Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés » ; c’est dans ta mort que tu parachèves totalement ton baptême. Le jour où tu es venu au monde, aîné de trois garçons, tu étais, l’enfant de Dieu comme tous les fils des hommes. Le baptême t’a mis en capacité de devenir non plus, enfant, mais Fils, fils du Père, frère du Christ et temple de l’Esprit Saint. Et c’est là notre seule et ultime vocation que tu as partagée avec tous tes frères et toutes tes sœurs baptisés. Enfant de troupe, tu as été fasciné par la personnalité du Père Tanguy, un aumônier militaire haut en couleurs. Ici, à Hendaye, tu as fréquenté l’abbé Lahetjuzan et ses vicaires qui servaient et animaient cette paroisse ouverte sur les flots du grand large. Et c’est tout jeune, qu’à leur suite, tu as voulu « nouer ton tablier » pour te mettre au service de l’Eglise en tant que prêtre. Tu as connu cette Eglise fière de ses structures qui avaient fait leurs preuves au long des siècles mais dont la façade commençait à se fissurer et dont les bases paroissiales s’effritaient peu à peu. Alors, tu es entré dans l’effervescence du renouveau conciliaire qu’espérait le Pape Jean XXIII. Et avant de te nourrir de la parole de ce concile, tu t’es laissé bousculer par l’évènement lui-même. Un concile de cette envergure est un peu comme un sacrement : « Un geste qu’une parole accompagne » et la première parole qui nous a touchés a été l’évènement lui-même : l’Eglise universelle se rassemblait dans toute sa diversité pour scruter la Parole que Jésus adresserait au 20ème siècle. Tu t’es donné avec une ardeur toujours souriante à tes premiers ministères qui t’ont permis d’être un peu le grand frère et l’éducateur de tous ces jeunes dont la présence, un peu blanchie, et dont l’amitié féconde se manifestent ici autour de toi. Ton dynamisme apostolique a même trouvé un champ d’action au niveau national ainsi que dans la paroisse qui t’a été confiée et dont tu es devenu le pasteur attentionné. « Je suis le bon pasteur, je connais mes brebis… mais j’ai d’autres brebis, celles là aussi il faut que je les conduise ». Tu avais gardé une rigueur toute militaire dans la ponctualité de la prière dans laquelle tu trouvais la force de ne pas te décourager quand la maladie t’a affaibli et quand tu as dû subir, les critiques qui ont fait de notre génération les « fossoyeurs de l’Eglise de toujours ». Tu en as souffert, je le sais ! Cependant, tu es resté sur la barque de Pierre, certes couverte de blessures, trouée de toutes parts, endommagée, mais tu as tenu ton quart jusqu’au bout dans « Ce reste de vie qu’il importe d’assumer pleinement et intensément » écrivais-tu à une amie. Réjouis-toi Bernard ! Cette Eglise en dialogue avec la société, aujourd’hui encore si dénigrée, peut au moins se vanter d’être parvenue au port de sorte que d’autres ont pu monter à bord et pourront opérer les réparations nécessaires. Mais ils connaîtront à leur tour les difficultés de la tempête soudaine qui réveille les peurs enfouies et celles du brouillard qui efface les repères. Et Lui, Jésus, sera encore là pour leur dire « Confiance ! Je suis là ! Je ne dors pas ». Il y a à peine deux mois, nous étions là, chez moi, les quatre survivants de notre classe d’ordination : Toi, Jean Baptiste, Raimond et moi. Après la messe, célébrée dans ma minuscule chapelle, tu nous as demandé de te donner, ensemble, le sacrement des malades. Au moment du repas, tu nous as offert le champagne et un gâteau basque en nous disant : « C’est pour fêter mon départ !». Et tu as continué à participer à nos échanges comme si de rien n’était ! Nous t’avons reconnu tout entier dans ces deux gestes qui nous ont fortement interpellés et extrêmement touchés. Merci Bernard ! A ton tour, maintenant, de préparer la table pour nous ! Amen ! (Homélie de l'abbé Jean CASANAVE) |
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1 – Bernard, toute votre vie vous avez œuvré à créer des liens fraternels. En premier lieu avec ta famille, puis avec tes frères prêtres, religieux et religieuses et avec tous les laïcs que ton ministère vous a donné de rencontrer. De la paroisse Saint Martin, du collège de l’Immaculée Conception, du Guichot, de Largenté, du MEJ, de la paroisse Saint Pierre d’Irube à celle de Saint Etienne, au sein des équipes Notre Dame ou au moment de célébrer l’office que vous appeliez « la messe qui prend son temps », vous avez cherché à être un frère pour chacun et chacune. Seigneur, comme votre merveilleux serviteur Bernard Fourgs l’était pour nous, faites de nous des bâtisseurs de liens fraternels, des artisans de paix, des témoins de l’Espérance.
2 – Bernard - Beñat tu as toujours été un chrétien enthousiaste qui a entrepris 1001 projets et témoigné d’un élan pour l’avenir des jeunes, des paroissiens et de l’Eglise. De la rénovation de l’Immaculée à l’édifice d’un clocher à Largenté, des nombreux rassemblements et pèlerinages de jeunes à la mise en œuvre d’un doyenné, Seigneur, fais de nous des hommes et des femmes engagés au service de l’évangile pour promouvoir un monde plus juste et solidaire.
3 - Bernard - Beñat, dans le souci de rejoindre chacun et d’être un prêtre du monde d’aujourd’hui, tu n’hésitais pas à inventer de nouveaux chemins : partager l’animation de l’aumônerie à égal avec un laïc, improviser des célébrations sur des aires d’autoroute, partir en 4L jusqu’à Taizé, participer à Hendaye à l’accueil des plus exclus. La douceur qui te caractérisait ne t’empêchait pas de prendre position et d’œuvrer pour une Eglise plus ouverte. Seigneur, donne-nous d’inventer de nouveaux chemins pour un monde uni.
4 – Bernard - Beñat tu as toujours été attentif, fidèle et pris soin d’autrui. Durant ces dernières années, à ton tour, tu as accepté que d’autres prennent soin de toi, accueillant avec humilité et confiance l’attention et la présence de ceux qui veillaient sur toi. Seigneur nous te prions pour toutes les personnes qui, au quotidien, accompagnent et soutiennent nos frères âgés, malades, isolés et dans la souffrance. (Prière universelle) |
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| Lecture de la Parole de Dieu par le diacre Jean-Marc APHAULE |
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Au début des années 80, la pastorale du lycée Largenté a connu un changement majeur. A la demande de la Directrice, Soeur Saint Jacques, 2 acteurs sont venus donner un souffle nouveau: Paul Pailloux un laïc engagé alors Directeur au Collège Ursuya à Hasparren et Bernard Fourgs alors directeur au Collège Immaculée Conception à Biarritz. Pendant une dizaine d’année, ils marquent des générations d’élèves. L’organisation est audacieuse, un tandem prêtre – laïc. Beñat n’est pas l’Aumônier tout puissant, le gourou qui sait, non, il fait équipe avec un laïc. Ils restent indissociables dans nos souvenirs. Il ne vient pas seulement pour enseigner l’Evangile, il vient pour vivre l’Evangile. Il n’assène pas des certitudes, il interpelle les jeunes, il leur propose de mettre en œuvre le message évangélique. Il écoute, rassure, encourage, accompagne. Il prend l’élève comme il est. Il le lance sur les routes de Pologne, de Taizé, du chemin de Saint Jacques de Compostelle, de Lourdes. Pour lui, l’Evangile se vit, se partage dans le monde d’aujourd’hui avec les jeunes d’aujourd’hui. Sa proximité avec les orientations d’Angèle Mérici crée des liens forts avec la Communauté des Sœurs ursulines, et ce jusqu’à un dernier déplacement à Pau le mois dernier pour vivre la joie de la rencontre. Ces jeunes, devenus adultes, poursuivent leur chemin. Le nombre impressionnant de contacts, pour les mariages, les baptêmes ou les coups durs de la vie témoignent de son action, de l’empreinte qu’il a laissée. Nous sommes nombreux à avoir marché avec Beñat, et comme les pèlerins d’Emmaüs nous continuons la route en nous disant « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Ecritures ? » (témoignage final de Dominique Hiribarren - ancien directeur de Largenté) |
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En fin de célébration Beñat avait choisi le chant de Taizé "Laudate Dominum, laudate Dominum, Omnes gentes, Alléluia". Lorsque la dernière note s'est tue, d'un même élan, la foule a chaleureusement applaudi, lui offrant un dernier hommage, pour le remercier de tout ce qu'il a apporté à chacun. Ces collègues et amis prêtres lui ont offert une dernière prière à l'extérieur avant qu'il ne parte rejoindre Linxe sa terre d'origine. |
| ( Sourire de Beñat à l'occasion de son jubilé d'or sacerdotal ) |
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Bernard FOURGS, Landais d'origine mais basque de coeur s'est toujours fait appeler Beñat. Né le 22 mars 1941 à Vielle-Saint-Girons, il a été ordonné prêtre à Lourdes en 1967. Il a durant plusieurs années assumé des responsabilités en tant qu'aumônier national du Mouvement Eucharistique des Jeunes. En 1980 il a été aumônier du collège Largenté à Bayonne où il a d'ailleurs fêté son jubilé d'or (50 ans de sacerdoce) en 2017. (Vous pouvez y trouver l'homélie de l'abbé Jean Casanave, qui fidèle à lui même, a commenté l'Evangile avec humour et finesse ... en lien avec Beñat). Il a été nommé curé de la paroisse de Saint Pierre d'Irube le 20 mai 1992... puis est devenu premier curé, le 18 octobre 1998, de notre nouvelle paroisse "Saint-Pierre de Nive-Adour" qui regroupe en plus de Saint-Pierre d'Irube, Mouguerre, Lahonce, Urt, Urcuit et Villefranque. Aprés 16 ans de "bons et loyaux" services parmi nous il a célébré sa dernière messe paroissiale à Lahonce le 10 août 2008. Puis il a été prêtre coopérateur dans la paroisse voisine "Saint-Etienne de Bayonne" avant de se retirer à Hendaye le 1 septembre 2016. Il nous a quitté, après avoir affronté longtemps d'importants soucis de santé avec courage, ce mardi 13 janvier 2026 alors qu'il venait d'intégrer avec joie la maison de retraite Arditeya à Cambo. |
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"Prions pour lui, pour sa famille et ses amis.
Rendons grâce pour son amitié avec Jésus-Christ, et le don qu'il avait de la communiquer, avec humour et assurance, se faisant tout à tous.
Merci Seigneur pour l'enthousiasme, la paix et la joie semés tout au long de sa vie de prêtre, tout particulièrement dans notre paroisse."
Abbé Benoît Nouvel
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